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L’INTRODUCTION EN BOURSE

I. Qu’est-ce que l’introduction en Bourse ?

Les marchés financiers, à travers le jeu de l’offre et de la demande (principe économique), permettent aux entreprises de tirer un avantage à lever les capitaux en Bourse. Elles offrent des moyens d’ambition aux entreprises.

Tout d’abord, une introduction en Bourse est un moyen, un outil pour les sociétés de mettre du numéraire sur les marchés, en échange les actionnaires s’associent au développement de l’entreprise en lui amenant les capitaux nécessaires pour financer sa croissance. Par contre, si la situation financière de l’entreprise est déséquilibrée (ex : investissements trop lourds), les dirigeants peuvent lever des fonds pour renforcer leurs capitaux propres et aérer leur bilan.

D’autre part, certaines entreprises viennent chercher en Bourse le tremplin de se développer encore plus voire de s’internationaliser. Il faut noter qu’en général une entreprise sans un minimum d’argent aura du mal à envisager son introduction en Bourse même si des occasions se présentent pour elle. Mais dans le cas contraire, la société en levant ses capitaux sur le marché, elle aura un « trésor de guerre » qui pourra être mis à profit dans le but de rachats d’entreprises lui permettant ainsi de grossir sa taille. En fait, faire coter sa société en Bourse est un moyen pour ses gérants de vendre des parts de leur entreprise ou de faire entrer de nouveaux partenaires de poids.

De plus, il est intéressant pour s’introduire en Bourse de solliciter l’épargne. C’est une des raisons fréquemment invoquée par les patrons lors de leur arrivée en Bourse (souci de notoriété). De se dire que sa société, son groupe est coté en Bourse, est valorisant, est un moyen de trouver des partenaires de qualité et de mobilisation de ressources humaines (ex : les stock-options : actions cédées à des salariés à un prix défiant toute concurrence).

Enfin, le lien entre la Bourse et la communication est l’une des formes les plus efficaces de publicité pour une jeune entreprise. Et la cotation est aussi une véritable reconnaissance pour la société (atout majeur).

II. Les procédures d’introduction

    1. L’Offre à Prix Ferme (OPF)


Cette procédure est la plus utilisée par les banques introductrices. Elle de fait uniquement lorsqu’un prix de cession des titres est fixé pendant les ordres d’achat. Elle a la particularité de répartir les attributions de titres proportionnellement à la demande.
Les ordres sont classés en :

  1. Ordres A : ordres prioritaires qui portent sur un maximum de 100 titres
  2. Ordres B : ordres qui rassemblent le reste des titres demandés

Cette classification a pour but d'éviter que les ordres portant sur un faible nombre d'actions soient servis d'autant plus mal que l'introduction remporte un franc succès.

Remarque : le taux de satisfaction des "Ordres A" doit être au minimum de 0,8% afin que la procédure d'introduction soit recevable.


    2. L’Offre à Prix Minimal (OPM)


C’est une procédure qui permet à l’entreprise qui souhaite s’introduire de proposer des actions à un prix minimal. Tous les ordres d'achat à cours limité sont recevables à la condition qu'ils ne soient pas trop éloignés du prix minimal (les ordres "au mieux" étant systématiquement annulés). Le premier cours coté correspond alors à la limite inférieure de la dernière tranche d'ordres servis.

Remarque : ce type de procédure s’applique uniquement lors de périodes fastes et le 1er cours coté ne peut excéder de plus de 50 % le prix d’offre.


    3. L’Offre à Prix Ouvert (OPO)


Ce type de procédure consiste, pour l’émetteur, à proposer une fourchette de prix aux investisseurs, laquelle est ensuite susceptible d’être modifiée par les établissements introducteurs.
Le prix définitif n’est alors fixé qu’après réception de la totalité des ordres et comme pour les OPM, seuls les ordres supérieurs ou égaux au prix fixé sont servis. Dans cette procédure, la souscription des titres est souvent réservée aux institutionnels (ex : banques, assurances…).

Remarque : les titres peuvent être répartis à la suite de l’offre de 2 façons : uniforme ou en privilégiant les ordres portant sur les montants les plus faibles.


    4. La cotation directe


Cette procédure est l’équivalent de l’OPM sauf que les ordres intitulés « Au mieux » sont acceptés. De plus, la société qui émet des actions les cède à des intermédiaires financiers à un prix déterminé, lesquels sont alors de placer ces titres sur le marché.

Remarque : la cotation directe est peu utilisée (essentiellement des sociétés qui s'introduisent au Marché Libre), l'écart entre le premier cours coté et le prix d'offre étant limité à 10%.


    5. Le placement garanti


Ce type de placement s’adresse avant tout aux investisseurs institutionnels et n’est pas tenu de garantir l’équité de la répartition des titres.

Remarque : le prix des actions lors de cette procédure est supérieur ou égal au prix d’OPF.

III. Les bonnes questions à se poser.

Jouer une introduction en Bourse peut se révéler payante et grossir la performance d’un portefeuille. Mais avant d’y plonger, mieux vaut savoir où l’on va et de connaître les pièges à éviter.


1ère question : sur quel marché la société s’introduit-elle?


La meilleure introduction est celle du Premier Marché, marché le plus liquide et le plus connu. Le Second Marché, lui, est destiné aux entreprises qui existent depuis au moins 3 ans. Pour ce qui est du Nouveau Marché, quant à lui, c’est un marché en plein essor où les nouvelles entreprises se tournent afin de financer leur croissance.

Remarque : les entreprises qui arrivent sur le Second Marché doivent faire au mois 15,25 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel.


2ème question : qui introduit l’entreprise ?


Ce sont les banques et les sociétés de Bourse qui introduisent les sociétés et sont responsables du placement garanti. Il est évident que ces banques et sociétés de Bourse sont souvent avantagées c’est-à-dire elles sont les premières à se servir et leurs clients les plus importants sont souvent les mieux appréciés.

Remarque : certains établissements introducteurs ont leur réputation dans ce domaine.


3ème question : quelles sont les conditions de l’offre ?


L’OPF est la forme d’introduction la plus juste c’est-à-dire elle garantit d’être servi proportionnellement à la demande.

Pour participer à une PM cela revient à trouver le juste prix dans une fourchette difficile à évaluer.

Pour ce qui est du risque, c’est d’être surpayer sur ses titres et quant à la cotation directe mieux vaut être confirmé pour éviter des sueurs froides.

Remarque : laisser les OPM et cotations directes se faire avant de rentrer en action.


4ème question : l’environnement de la société est-il porteur ?


Une introduction en Bourse sur un secteur porteur est plus facile à vendre que sur un secteur dont le taux de croissance stagne. Néanmoins, des affaires moins médiatiques peuvent tout autant se révéler de bonnes affaires pour peu que la rentabilité soit au rendez-vous.

Remarque : faire attention à ne pas payer vos titres sur des secteurs « en vogue ».


5ème question : pourquoi des introductions en vogue ?


Si c'est le cas, il est possible que l'introduction suive l'optimisme du moment. Mais il faut se méfier de l'effet rareté : si les introductions sont en nombre trop important, les opérateurs privilégieront les dossiers les plus costauds et laisseront de coté les autres.

Remarque : lorsque les marchés vont bien, les établissements n'hésitent pas à introduire les sociétés au prix fort.

6ème question : comment savoir si la société est saine ?


C’est un point important. L’endettement d’une société divisé par ses fonds propres se doit d’être acceptable après éventuelle augmentation du capital. Sinon, pour les autres cas méfiance sur les situations financières explosives qui cachent des surprises inattendues…

Remarque : pour repère, un endettement peut être considéré comme acceptable lorsque l’endettement net est égal à 50 % des fonds propres (sauf cas d’exception).


7ème question : comment est assuré la liquidité des titres ?


Souvent, les dirigeants se résignent à ne mettre dans le public que le minimum légal. Problème : Si les titres affluent encore dans les jours qui suivent l'introduction, il n'en reste pas moins que, à peu de titres répartis correspond forcément un marché étroit.

Remarque : repère : une société doit mettre au minimum 10 % du capital dans les mains du public lors de leur introduction.


8ème question : comment le capital est contrôlé ?


Faire attention à un capital éclaté parce que la présence dans le capital de nombreux gros actionnaires peut dans certains cas être synonyme de départ imminent d'au moins l'un d'entre eux, ce qui pourrait déclencher un décrochage du cours.

Remarque : vérifiez les conditions de la dernière augmentation de capital, il se peut qu'elle ait eu lieu à des conditions avantageuses.

 

En résumé, pour une bonne introduction boursière et avoir toutes les clés en main, il faut :

- de bons fondamentaux sur la Bourse
- une bonne visibilité des marchés, de la température des marchés
- de bonnes perspectives
- une bonne liquidité et un bon multiple de capitalisation acceptable





 

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