LES BONS DE SOUSCRIPTION
I. Définition
Un bon de souscription est un instrument financier, un titre assimilable à une option d’achat c’est-à-dire on a un droit qui permet de souscrire pendant une période donnée, dans une proportion et à un prix fixé à l’avance, un autre produit financier (action, obligation…).
Vous souhaitez souscrire des bons de souscription de la société X attachés à des obligations émises à une date précise. Ils pourront alors être échangés contre des actions à raison de 5 actions pour 12 bons.
L’émission d’un bon de souscription peut être faite de 2 façons : seule ou attachée à une action ou une obligation. Aussi, il peut être émis à titre gratuit aux actionnaires. Dès le lancement de l’opération, s’il est rattaché à un autre support (action, obligation…), le bon de souscription se détache et fait l’objet d’une cotation propre. Par contre, le titre associé (ex : action) redevient un titre classique coté.
Il est intéressant de préciser que l’émission de bons de souscription est souvent faite lors d’une augmentation de capital d’une société. Tout de même, il existe 2 cas : dans le premier cas, la société attache à chaque action nouvellement émise un bon de souscription gratuit qui permet l’achat d’une action à une certaine date à un prix convenu (c’est ce qu’on appelle une ABSA : Action à Bon de Souscription d’Action) ; dans le deuxième cas, la société attache à chaque obligation nouvellement émise un bon de souscription gratuit qui permet d’acheter une action (OBSA : Obligation à Bon de Souscription d’Action) ou une obligation (OBSO : Obligation à Bon de Souscription d’Obligation).
II. Prix d’un bon de souscription
Le prix d’un bon de souscription varie en fonction de leur durée de vie en fonction des fluctuations du sous-jacent qui s’amplifient en hausse ou en baisse. C’est ce qu’on appelle l’effet levier.
En simplicité, pour calculer le bon de souscription, il faut le diviser par 2 valeurs (intrinsèque et temps) :
- Valeur intrinsèque : c’est la valeur du bon si aujourd’hui correspondait à la date d’échéance du bon.
- Valeur temps : c’est une valeur importante car elle décroit d’autant plus vite que l’échéance est proche.
En plus, de ces 2 valeurs, il faut prendre en compte l’effet de levier et le taux de croissance annuelle de sous-jacent :
- L’effet levier :
En principe, l’effet levier amplifie les mouvements sous-jacents du bon de souscription. Si l’investisseur mise une faible mise de fonds de départ, il pourra obtenir autant d’argent sur un bon que s’il avait directement acheté un sous-jacent.
Par exemple, si le levier est de 7 alors une hausse de 7 % du sous-jacent se manifestera par une hausse de 7 × 7% soit 49% du bon.
Mais ATTENTION, l’effet levier peut se renverser en effet massue si le sous-jacent baisse c’est-à-dire si le levier est de 7 et le sous-jacent baisse de 7 % (− 7 %) donc 7 × 7 % soit – 49 % du bon.
Calcul du levier :

- Le taux de croissance annuelle du sous-jacent :
En général, le prix du bon de souscription anticipe le taux de croissance annuelle nécessaire du sous-jacent pour que son prix égale le prix d’exercice du bon.
Plus ce taux de croissance annuelle est faible, plus le bon doit être cher, car on a par exemple plus de chances de voir le sous-jacent progresser de 2 à 3% l’an, pour atteindre le prix d’exercice du bon, que de le voir progresser de 30% par an. Cette relative sécurité se paye.
Mais ATTENTION, plus le taux de croissance annuelle nécessaire est fort, moins le bon est cher, car le risque de ne pas voir cette croissance annuelle réalisée est très élevé.
Calcul du taux de croissance annuelle du sous-jacent :

T : taux de croissance annuelle
t : prime de conversion
n : durée de vie restante
III. Avantages du bon de souscription
- Pour l’émetteur :
Les bons de souscription exercés conduisent à la création de titres. L’exercice des bons de souscription permet à l’entreprise d’augmenter son capital. Cette hausse de capital est progressive (facteur temps) parce qu’il est rare que tous les détenteurs de bons les convertissent au même moment.
De plus, lors d’une émission d’une OBSA, le taux d’intérêt sur les obligations sera inférieur au taux du marché alors le porteur peut benéficier de la hausse de l’action à travers le bon de souscription.
- Pour le détenteur :
Prenons en compte un bon émis par la société Flouze, ayant pour échéance le 01.06.2012. Un bon permet d’acquérir une action au prix de 200 Euros. Le cours actuel du bon est de 20 Euros, et celui de l’action est de 95 Euros. Vous achetez ce bon.
Si vous l’exercez aujourd’hui, il vous en coûtera 20 + 200 = 220 Euros par action. Cela n’est de toute évidence pas intéressant, car vous pouvez acheter l’action au prix de 95 Euros sur le marché. Vous conservez donc le bon parce que vous faites le pari que le cours de l’action dépassera les 220 Euros avant l’échéance.
Le 04.08.2004, le cours de l’action est de 300 Euros : il est intéressant pour vous de vendre le bon, acquis pour 20 Euros il y a quelques années, pour acquérir une action à 200 Euros. Votre plus-value, si vous revendez immédiatement l’action sur le marché au cours de 300 Euros, sera alors de 300 - 200 - 20 = 80 Euros.
Vous pouvez aussi garder le bon plus longtemps, si vous pensez que le cours de l’action va continuer à monter d’ici à l’échéance du bon. Mais si, à l’échéance, le cours de l’action est inférieur à 200 Euros, le bon a une valeur nulle, et vous avez perdu votre mise initiale.
L’intérêt d’un bon de souscription pour le détenteur est donc de pouvoir jouer la hausse du sous-jacent avec une mise de fonds modeste, d’autant que la perte maximale est connue d’avance, alors que le gain est, en théorie, illimité. Il lui permet aussi de bénéficier d’un effet de levier. Le détenteur n’étant pas obligé d’exercer ses bons, beaucoup d’investisseurs n’en achètent que dans le but de les revendre plus cher, et non de les exercer.
Remarque :
La limite pricipale des bons de souscrition est qu’ils ne permettent que de jouer la hausse du sous-jacent et non sa baisse.